L’origine de mon Taïwan

“Do whatever you want, I’m going home ! I feel like drinking a cup of coffee.”


Sometimes I just wonder how things would be if they were different. Last night I had a dream. I was being held by a young Chinese woman through corridors which ended on a room. A bedroom. With three or four beds, one of them was supposed to be mine. This was a room of a dormitory, the dormitory of the new university I was admitted in. The oranged sunrays were penetrating the room and filling it up with some charmins and hot feeling. The atmosphere was really peacefull, the wind was gently cradling the curtains. Through the windows a wide and deserted sandbeach was beeing seen, and in background a large scale ocean. Deep blue, salty and so wonderfull.

We were talking. She and I were talking about some administratives things, such as the rent ammount per day of this place, and the fact that I am not going to stay in a dorm. No matter what, I want my liberty of move and of way of living…
My dream ended here maybe…but on the other side I knew that it was a dream in a dream. The the reality(in my dream) was all different. I was not going to go to this university as I had failed to the admission procedure. And what if it had been different ? Would I really have gone to this so distant place called Pingtung ? Am I ready to this ? Can I ? Will I ?

Il y a un an et demi j’écrivais ces lignes et c’est comme ça que Taïwan commença à s’insinuer dans mon esprit et dans ma vie.

Après ce rêve, je décidais coute que coute de partir vers ces terres distantes, ne serait-ce que pour confronter la réalité de mes rêves à la réalité du monde qui m’abrite. Avril 2007. Je me rappelle de mots de Magali à cette époque….”ne tombe pas amoureux de Taïwan”. Je me rappelle encore la résonnance de ces mots, j’en ris un peu, mais je savais bien que rien ne pourrait me fixer en un endroit précis. Taïwan avait déjà éveillé ma curiosité et jusqu’à ce que j’en ai épluché les secrets et les merveilles, cet endroit captiverait probablement mon attention.

A cette époque, j’étais un peu perdu, pas que je le sois moins maintenant, et je cherchais comment me chercher, comment me trouver. Seul, il fallait bien que je fasse un truc de mes journées. Et voilà comment je me suis retrouvé un billet d’avion pour Taïwan avec dans l’idée de faire le tour du pays à vélo….moi qui n’avait même pas de vélo à Strasbourg.

Pour m’être cherché, je me suis cherché pendant ce mois sur les routes. De là à m’etre trouvé, je n’aurai pas la prétention d’en dire tant, mais des questions ont trouvé leurs réponses sur ces routes. Des questions se sont eclipsées, aussi. Parce qu’inutiles et factices, simples suppôts de la société formatrice dans laquelle j’ai grandi. J’ai peut-être appris à me focaliser sur ce qui m’importe réellement.

Mon retour en France, le retour à ma routine éxécrable et décrépite m’a permis de terminer ce travail entamé à Taïwan. La suffocation graduelle que j’ai ressenti en retournant à ma vie d’étudiant en couple m’a fait réaliser toute la grandeur de la dimension qui séparait alors mes rêves de ma réalité. D’à quel point j’étais en train de sacrifier, de me sacrifier pour une perspective qui n’était pas mienne.

Dans mes recherches d’abord, j’ai commencé à trouver un semblant de ce qui me correspond. Je crois depuis lors m’être approché d’un état d’épanouissement intellectuel, plongé en permanence dans les entrailles de l’Homme et de ses mécanismes. Dans sa plus grande cruauté comme dans sa plus simple beauté, parce que la beauté est simple. Je m’émerveille de plus en plus de choses. Et voilà que mes choix sont fait. Je dois aller ailleurs, quitter cet état de végétation qui fut le mien. Je saisi donc toutes les opportunités pour solliciter des organismes suceptibles de me subventioner dans mes études à l’étranger.

Ô comble du bonheur, je fais deux demandes et les deux me sont accordées. Me voilà en contrat signé pour quitter la France une année durant pour pouvoir me consacrer uniquement à mes études, une chance merveilleuse et pas prête de se représenter. Sans hésiter, je me lance dans les démarches qui me permirent d’être où je suis aujourd’hui.

Mon année de maîtrise se termine, j’en sors avec une mention bien, plus qu’heureux, le travail que j’ai pris plaisir à réaliser a été reconnu. La trasnformation commencée en moi une année plus tôt continue à faire son petit bonhomme de chemin en moi. Il est temps de régler certains détails avant de partir, comme notamment mes relations avec les êtres humains autour de moi.

Et voilà que je suis dans l’avion pour Kyôto. Tout est en mouvement autour de moi, comme un microcosmos chaque particule s’agite, gravite et dans sa perpétuelle mouvance dégage une beauté sublime. Je m’émerveille de la vie et des choses qui la composent. Déjà ce trajet vers un autre endroit est empli de caractère.

Mon voyage à Kyôto, que je conceptualisais comme un voyage d’ermite en érudition, dès le premier jour se voulait déjà être annonciateur de changements philosophiques et intellectuels profond en moi. Après tout, quel meilleur jour qu’un 21 juin pour se laisser entraîner dans les courants de la pensée et du changement ?

Ce jour-là, je rencontrai alors Yayoi, quelques heures seulement après mon arrivée au Japon et cette rencontre devait changer grand nombre de mes perceptions. Et ce qui devait être un voyage plat et intégralement dédié à l’étude du japonais devint en quelques secondes une ouverture sur un monde qui était le mien et dont j’ignore encore tant. Au cours de nos échanges silencieux se sont lentement révélés à nous des choses qui bien que sous nos yeux nous avaient échappés tant d’années durant.

A moi se révélaient des sentiments qui ne demandaient qu’à s’exprimer. Je les sentais en moi depuis déjà un certain temps, à chercher comment s’exprimer et se réaliser. En Yayoi et Jayde se trouvait alors exactement la réponse à ce que je cherchais, à ce dont j’avais besoin et c’est sans même réfléchir que naturellement je me suis lancé dans ce qui devait alors changer ma vie.

Sans réfléchir est toutefois osé, car c’est bien après une mûre réflexion que j’ai finalement osé m’avouer la portée de mes sentiments, de mes désirs profonds. Lorsque l’on a 23 ans, à dix mille lieues de chez soi et que l’on se retrouve confronté à devoir faire un choix de cette ampleur, il est impossible de ne pas réfléchir à deux fois à ce que l’on fait.

On ne décide pas de sa vie comme l’on va acheter un croissant à la boulangerie, mais je crois que lorsque l’on se demande si l’on est prêt à franchir un cap, c’est qu’on l’est déjà. L’envisager est déjà l’accepter et c’est ainsi que j’ai agi.

Ainsi, je rentrai en France pour préparer mon retour à Taïwan quelques trois semaines plus tard, afin de commencer mon étude à plein temps de la langue chinoise. Il me fallu finir de régler mes affaires en France, ce qui ne fut pas facile avec tout le monde.

Cependant, durant cette période je pu réfléchir à tête reposée et seul aux choix que je venais de faire et pas une seule fois je me suis pris à regretter ma décision, bien au contraire. Lorsque l’oiseau bleu apparaît à côté de chez soi, il ne faut plus le quitter des yeux, car il est lui seul garant de notre bonheur.

Voilà l’état d’esprit dans lequel j’arrivais à Taïwan il y a maintenant presque trois mois…

Une genèse mentale d’un être bien vivant….

sunmoonlake


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